La “seconde vie” méconnue de nos appareils électroniques

Le vendredi 24 mai c’est la journée mondiale du bricolage. À cette occasion, l’association Bricole Social Club nous a ouvert les portes de leur local au cœur de la Guillotière à Lyon. Chaque semaine, des bénévoles passionnés organisent des ateliers pour partager leurs connaissances auprès du public soucieux d’apprendre à réparer leurs appareils électroniques et objets du quotidien. L’équipe de Lyon Positif s’est donc rendu à l’un de ces ateliers de plus en plus prisé pour découvrir les secrets de cette “multiplicité des usages”

La gestion des déchets électroniques : un enjeu de société

En 2029, l’OMS estime à 53,6 millions de tonnes la quantité de déchets électroniques à gérer à l’échelle mondiale et à seulement 17,4% le pourcentage de ces déchets qui ont été collectés et recyclés. C’est un enjeu essentiel car une fois dans la nature, ces déchets sont une menace pour l’environnement et la santé humaine et peuvent rejeter jusqu’à 1000 substance chimiques différents contaminant ainsi l’air et les sols.

Parmi ce type de déchets, nombreux font partie de notre quotidien puisque l’on y retrouve notamment les appareils électroménagers comme les lave-linge, les aspirateurs, mais également les équipements informatiques que l’on utilise au quotidien : ordinateur, téléphone, caméra …

Selon Eurostat, on compte en France 14,67 kilos de déchets électroniques par habitants et par an. C’est le flux de déchets solides qui connaît la plus forte progression au monde. En France par exemple, les équipements électroniques collectés étaient de 3 millions de tonnes en 2012 contre 4,9 millions en 2021.

Des pistes de solution existent à Lyon

Pour diminuer ces quantités de déchets, des solutions ont été apportées notamment par la ville de Lyon. Ainsi, en partenariat avec Ecosystem, les mairies des différents arrondissements organisent des collectes d’appareils électroniques. En 2023, c’est pas moins de 103 774 897 d’appareils ménagers qui ont été collectés. Ces collectes solidaires donnent une seconde vie aux appareils et permettent de recycler 81% de leurs composants.

L’autre solution pour diminuer sa quantité de déchets électroniques est d’éviter la surconsommation et de réparer ces appareils soi-même. C’est pour répondre à cet objectif que l’association Bricole Social Club a ouvert un local en mai 2021 au 77 rue Montesquieu dans le 7e arrondissement de Lyon. Le projet est simple : créer du lien autour de compétences locales en accompagnant les projets techniques et en aidant à résoudre les problèmes pratiques du quotidien.

Le Bricole Social Club : un modèle à suivre

Il s’est inspiré des modèles de fonctionnement d’Accorderies, qui sont un “système dans lequel un groupe de personnes, souvent les habitants d’un même quartier, sont solidaires et s’entraident en se rendant des services et en échangeant ce dont ils ont besoin par le biais du troc notamment”. Ainsi, cet atelier associatif et participatif, qui lutte indirectement contre la précarité tout en favorisant la mixité sociale, permet aux adhérents de bricoler, d’être accompagné dans un projet lors des ateliers, mais également d’emprunter du matériel pour bricoler à la maison.

Parmi les ateliers proposés une fois par semaine par les différents bénévoles, on retrouve un temps dédié aux appareils électroniques. Durant les 2 heures, les personnes concernées peuvent se rendre dans les locaux de l’association avec leurs appareils endommagés. Une fois sur place, un bénévole les accompagne dans la réparation de leur appareil et met à disposition des outils pour la bonne réalisation de l’intervention.

Les bénévoles ont à cœur de partager leurs connaissances et incitent les personnes à réparer leurs appareils eux-mêmes. Tout le monde est le bienvenu. Ces ateliers permettent de donner une seconde vie à nos appareils et de faire de nombreuses économies tout en apprenant. Pour s’inscrire aux ateliers ou emprunter du matériel, il faut adhérer à l’association sur le site bricolescialeclub.org