CHRONIQUE POSITIVE ET INSPIRANTE N°06 (AVEC RCF LYON)

Depuis la rentrée nous avons commencé un partenariat avec RCF Lyon, un média de proximité avec lequel nous partageons des valeurs humaines de solidarité et de partage et l’attachement du territoire Lyonnais. Tous les mois nous proposons une chronique positive et inspirante pour parler de celles et ceux qui prennent l’initiative pour réussir les transitions.

Bonjour Frédéric DUVAL, vous êtes le directeur de la publication de Lyon positif, le média Lyonnais des récits locaux à impact positif ! Dans cette chronique positive et inspirante mensuelle, vous nous partagez de belles histoires, et des projets qui à Lyon contribuent à infléchir notre quotidien et à changer de regard sur les choses de la vie. Ainsi, lors de vos chroniques vous nous parlez du caractère durable des initiatives qui contribuent aux transitions, de la RSE et de l’impact positif porté par certains projets, de celles et ceux qui sont une source d’inspiration à travers leur engagement ou encore de projets essentiels à notre quotidien. Mais aujourd’hui, et compte tenu de la date, je sens que cette chronique sera un peu différente…

Bonjour Anais, bonjour à toutes et tous. Effectivement on ne peut rien vous cacher. Oui compte tenu de la date, en ce 3 janvier 2024, premier mercredi de l’année, certes un jour de vacances pour beaucoup mais néanmoins de reprise pour d’autres, nous sommes quelques jours à peine après le réveillon et en ce mercredi j’avais le souhait de retrouver mon âme d’enfant.

Permettez-moi d’abord et évidemment chère Anais d’espérer le meilleur pour vous et votre famille et d’en faire autant pour chacune et chacun d’entre vous qui nous écoutez.

A vous aussi cher Frédéric ainsi qu’à tous nos auditeurs… Mais au-delà de ce qui pourrait ressembler, si l’on n’y met pas toute l’intention ou l’authenticité requise et nécessaire, à une formule toute faite, il y a selon vous bien d’autres choses de plus essentielles, de plus positives et inspirant en quelque sorte dans cette traditionnelle formulation des vœux

Oui, Anaïs et cela ne vous a pas échappé, nous sommes, même si nous semblons hélas parfois l’oublier, des animaux sociaux, faits de liens, de rencontre de l’autre et de récit de soi. Se souhaiter la bonne année, formuler des vœux, exprimer et espérer quelque chose de bon de cet avenir qui frappe à notre porte, que l’on ne peut qu’accueillir sans pour autant s’y résigner, c’est en fait essentiel à notre existence même.

Cela peut à certains égards, sans doute davantage pour la jeune génération, sembler formel, convenu, un peu dépassé et parfois même insincère, mais c’est important, car c’est d’abord un rituel social. Un moment pour lequel la forme, le simple fait de le faire est au moins aussi important que le contenu du message, que les souhaits que nous exprimons.

Un rituel, c’est de fait une codification d’usages qui peuvent être au départ issu d’un livre saint, inspiré par la religion ou pas, qui en font un moment qui rythme notre agenda et qui, dans sa régularité et sa récurrence, nous sépare un instant de la vie quotidienne et ordinaire qui file sans que parfois l’on ne s’en rende bien compte…

C’est ensuite un moment dans notre agenda commun pendant lequel le collectif reprend la main. Un moment théorisé par le sociologue Marcel Mauss et l’école française de Dürkheim comme « l’expression obligatoire des sentiments ». Selon lui, c’est le fait d’exprimer publiquement à l’autre ses ressentis dans certaines circonstances qui caractérisent le fait social et notre vie en société : pleurer le deuil, célébrer le mariage, se réjouir d’une naissance et marquer certains moments et étapes de nos vies.

C’est enfin un moyen de faire pour soi autant que pour l’autre un souhait, d’exprimer ce que l’on souhaiterait au fond qu’il nous arrive. C’est ainsi en faire une sorte de récit à l’avance, un peu comme une prophétie autoréalisatrice qui nous permettrait de donner un cap, des objectifs et du sens à notre trajectoire individuelle.

Dans un monde complexe, incertain, dur et hostile, l’homme cherche depuis la nuit des temps à comprendre, à exorciser, à expliquer ce qui lui arrive et ce qu’il fait là.

Depuis les dessins des hommes des cavernes, en passant par les contes et légendes de la mythologie jusqu’au scénario récurrents de nos dessins animés d’enfants, ou les blockbusters de Pixar, nous avons besoin que l’on nous raconte des histoires. Nous avons besoin que l’on nous raconte notre histoire, celle qui nous permettra d’embrasser le sens de notre vie et celle du monde.

C’est pour cela que vous avez souhaité, non pas nous parler d’une initiative en particulier, ni d’une personne spécifiquement, mais de nous raconter une histoire, une sorte de conte universel, dont la morale, le sens caché et implicite peut lui être inspirant ?

Oui, si vous le permettez Anaïs. Un conte intemporel, universel, qui nous parle je crois d’espoir, de réconfort et au fond comme je l’évoquais à l’instant, du sens de la vie autant que de la puissance du récit que l’on choisit d’en faire. Sur la grande place brûlante de soleil, les gens sont réunis. Sur la grande place brûlante, les gens forment un cercle. Au centre, du cercle, il n’y a rien. Plus rien, hormis la terre, béante et vide. Tous les visages sont chagrins, tous les yeux sont humides.

Hier encore, le grand arbre était au centre de la place; hier encore, il étendait, en plein midi, la fraîcheur de son ombre sur la grand-place et sur les hommes et les femmes qui y venaient. Mais cette nuit, le grand arbre est mort. Au petit matin, on a enlevé le grand arbre mort. Il n’y a plus maintenant que le vide brûlant au centre de la grand-place.

Un homme s’avance. Il dit qu’il fera pousser un autre arbre. Il dit que demain, au centre du cercle formé par les gens attristés, il y aura un nouvel arbre. On le regarde. On ne le croit pas. Nul homme ne peut faire pousser un arbre ainsi. C’est un long travail. Il faut planter une graine, la surveiller, l’arroser, la protéger, espérer qu’elle germe, et si elle ne germe pas, en planter une autre et recommencer, en espérant encore. Mais l’homme s’entête. Il dit de nouveau qu’il y aura un arbre demain. Et il demande une graine. On est incrédule, mais on l’écoute.

On lui apporte un sac de graines. Il n’en prend qu’une seule. Il s’avance au centre de la grand-place, s’accroupit et met la graine en terre. Les gens, en cercle autour de lui le regardent faire. L’homme s’agenouille. Il approche son visage de la terre, jusqu’à ce que sa bouche la touche presque. Voici que ses lèvres remuent. Voici que des mots en sortent. L’homme parle. L’homme parle à la graine. On resserre le cercle autour de lui, attentif. On prête l’oreille. L’homme parle, parle, et parle encore. Il dit à la graine ce qu’elle doit accomplir : s’ouvrir, germer, croître et embellir. Puis il dit à la graine ce qu’elle va devenir : un arbre. Un grand arbre. Enfin, il dit à la graine que ce grand arbre donnera la fraîcheur bienfaisante, dispensera l’ombre reposante, protégera ceux qui en ont besoin, apportera à la grand-place la vie et la beauté. L’homme se relève, demande de l’eau. On lui en donne. Il arrose la terre. Puis il s’en va.

Sur la grand-place, à l’ombre des feuilles du grand arbre, les gens sont réunis. Sur la grand-place, sous les branches vigoureuses du grand arbre, les gens forment un cercle. Au centre du cercle, il y a un grand arbre. Hier, c’était encore une graine. Tous les visages sont joyeux, tous les yeux brillent.

Merci Frédéric Duval pour cette belle découverte. Pour prolonger cette belle histoire, je vous invite à retrouver d’autres récits positifs et inspirants sur votre média Lyon Positif. Comme d’habitude, tous les renseignements sont sur Lyonpositif.fr.